En luttant, En écrivant ...

     

mardi 29 novembre 2005

LA TENTATION DU PIRE

Donner une explication, essayer de comprendre la révolte des jeunes des cités est absolument nécessaire car sinon, toutes les interprétations sont possibles, tous les fantasmes peuvent s’exprimer, toutes les tentatives de provocations, de déstabilisation peuvent être mises en œuvre.

Il n’est pas question de «crier au loup», mais la situation actuelle pour grave qu’elle soit n’a aucune perspective de résolution… Nous sommes peu à peu mis au pied du mur.

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mercredi 23 novembre 2005

DE LA DELATION

Délation: «dénonciation intéressée et méprisable» Dénoncer:« signaler comme coupable à la justice, à l’autorité compétente»

Tous les régimes autoritaires ont usé et abusé de la délation soit… et c’est cet abus par des régimes peu recommandables qui ont donné ses lettres d’infamie à la délation. Mais si la délation est une vilaine chose, on peut lui donner un aspect plus séduisant, plus respectable, en d’autre terme, plus démocratique. Comment? Mais simplement en respectant le droit.

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mardi 15 novembre 2005

LA VIOLENCE ET SES LIMITES

«Avec vos pétitions, manifestations et banderoles vous avez bonne mine,… nous autres avec quelques nuits d’émeutes on a tout de suite obtenu quelque chose!...».

C’est à peu près le seul message «politique» qu’ont voulu faire passer en clair les quelques jeunes des banlieues qui se sont exprimés sur les dernières «violences urbaines». Quelle/s leçon/s devons nous en tirer?

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jeudi 10 novembre 2005

Grippe à biére

mardi 08 novembre 2005

L’expiation

Ca brûlait.
La banlieue enfumée n’était pas à la fête,
Pour la première fois Sarko baissait la tête.
Il était arrivé pour causer crânement
Il laisse maintenant Aulnay- sous -Bois fumant
Ca brûlait. Les jeunes des banlieues fondaient en avalanches
Face à des CRS suppléant les Pervenches
Ne reconnaissant plus ni valeurs ni drapeau
Ni cette République aujourd’hui en lambeaux.
On ne distinguait plus de la ville le centre.
Ca brûlait. Tout avait la couleur de la cendre.
Pour de vaines promesses tant de fois répétées
Des jeunes désabusés les plombs avaient pété.
Par dizaines et centaines, ils s’en prennent à l’ordre,
Celui qui les condamne et les contraint à mordre,
Celui qui maintes fois a promis, rien tenu
Qui fait que dans la vie ils se retrouvent nus.
La violence n’est plus désormais simulacre.
Ca brûlait, ça brûlait toujours. La fumée acre,
Celle des incendies mêlée aux lacrymos,
Celle qui prend les armes et ignore les mots.
Ce n’était plus les cœurs vivants des enfants des cités,
C’étaient des cœurs brisés par l’inégalité,
Brisés de désespoir, d’exclusion, de misère,
Celle que l’on hérite de son père ou sa mère.
Etrangers dans la vie et étrangers partout,
On prend vite conscience et c’est ce qui rend fou,
Folie de destruction des autos, des symboles,
Allant même jusqu’à détruire les écoles.
Cela dura des jours d’angoisse et de colère.
Les limites franchies, il n’y a plus de repères.
Quant aux politiciens, ils se mordaient les doigts
Eux qui n’avaient jamais levé le petit doigt.
Obsédés du pouvoir, leurs petites affaires
Les tenaient à l’écart des cités mortifères;
La tenue de la Bourse et du taux de croissance
Est pour tous ces gens-là majuscule importance.
Banlieues abandonnées, tous ces jeunes en galère
N’attendaient plus rien d’eux, désillusion amère.
Tous les appels au calme se perdaient dans le bruit
Que faisait l’incendie qui éclairait la nuit.
Les médias attentifs, obsédés par l’audience
Diffusaient sans arrêt toute cette violence
Au point qu’à l’étranger, en regardant l’écran,
Tout le monde criait:« la France perd son sang»
Mais, révolte éphémère, l’ordre reprend ses droits.
On donne quelques sous et tout le monde y croit.
Riche et pauvre à leur place dans notre société
Passons à autre chose, il ne s’est rien passé.

Victor Hugo actualisé et matraqué par la Belette et Jean Feix.

MOTS CONTRE MAUX

Chez les politiques le discours, la parole donne l’impression de la vie, il n’est en fait que l’expression de leur mort, de leur mort politique au sens d’acteur de la vie publique. Il momifie celui qui le tient car le discours politique est étranger à la réalité sociale qu’il a la prétention d’évoquer. Le discours des politiques est fait pour le spectateur, pas pour la victime, à l’image des obsèques qui n’ont de sens que pour les vivants.

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mardi 01 novembre 2005

QUAND DELINQUANCE RIME AVEC DECADENCE

«Violences urbaines», incivisme, vandalisme, des termes qui ne constituent plus des entrefilets dans l’actualité mais qui de plus en plus la structurent.

Une société décadente est une société qui n’arrive plus à assumer ses contradictions, à assurer la «paix sociale», c'est-à-dire assurer le maintien et la stabilité du rapport social dominant (ici le salariat) avec ses propres moyens, une société qui n’a plus comme recours que la violence pour gérer ses contradictions.

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Patrick Mignard enseigne l’économie à l’I.U.T. de Toulouse (Université Toulouse III). Il est également chercheur au LERASS (Laboratoire d’Etudes et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales).

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